ciné-club : Captain Fantastic

Captain Fantastic

Au fin fond des forêts du nord-ouest des États-Unis, Ben, un quinquagénaire libertaire et adepte du « survivalisme », éduque seul ses six enfants. Grâce en outre à une importante collection de livres, il a réussi à les former intellectuellement, leur permettant de discuter de n’importe quel sujet, les munissant de toutes les armes de la critique sociale et philosophique, leur assurant même la maîtrise de plusieurs langues. Adepte d’une vie sauvage en rupture avec le capitalisme, il préfère célébrer la journée de Noam Chomsky plutôt que la Noël !

Mais le décès brutal de sa femme va l’obliger à quitter ce rude « paradis » et à affronter avec toute sa famille cet autre monde qu’il rejette et déteste. Et si les enfants sont aussi débrouillards qu’intelligents dans l’univers de la forêt, ils se retrouvent étrangement décalés dans cet univers « civilisé » qu’ils découvrent pour la première fois.

La confrontation du héros avec sa belle-famille – porteuse de toutes les valeurs de l’Amérique libérale – prendra alors une tournure dramatique mais également comique. Jouant à plusieurs reprises la carte de l’humour, le film multiplie les effets de contraste incongru, révélant l’inadaptation des enfants de Ben à l’étrange civilisation qu’ils découvrent.

Si le cinéaste Matt Ross montre bien comment le patriarche s’est enfermé dans ses convictions libertaires et comment il a entraîné tous ses enfants dans cette vie sectaire, il ne caricature cependant pas ses personnages, et le jeu de contrastes qu’il met en place permet également de souligner l’étroitesse d’esprit de ceux qui prétendent incarner la normalité. Si les uns traduisent parfois une naïveté innocente, proches du Candide de Voltaire, les autres révèlent un enfermement psychologique, au fond assez similaire à celui de Ben, dans un mode de vie consumériste et profondément conventionnel.

Débat : Choisir d'éduquer ses enfants autrement.

c.rousseau@mocluxembourg.be

Vieille Cure rue Transversale, Robelmont